« chirurgien de l’impossible », Blackjack.

Surnommé le « chirurgien de l’impossible », Blackjack est certainement le personnage le plus connu d’Osamu Tezuka au Japon avec Astro. Manga-Sama (Dieu du Manga)comme il est appelé là-bas a en effet créé un des personnages les plus énigmatiques, et donc fascinant, du manga moderne. Voici son histoire…Né en 1972, Blackjack a permis à Tezuka d’utiliser enfin ses talents de médecin, mis entre parenthèses grâce au manga dès 1948. Mais plutôt que de faire de son personnage un héros toujours prêt à soigner la veuve et l’orphelin, il décide d’en faire le contraire. N’ayant pu obtenir son diplôme de médecin, du fait principalement de son caractère hostile à la hiérarchie, il décide d’exercer illégalement. Mais seulement contre de fortes sommes d’argent. A moins de 10 millions de Yen, prière de passer votre chemin. Ce comportement, doublé de son talent sans égal, lui vaut la jalousie de toute la profession, ainsi que sa recherche par toute les polices du monde pour « exercice illégal de la médecine ».

Né en 19XX ( le mystère jusqu’au bout), le jeune Kuroko est le fils d’un brillant chirurgien, parti en le laissant, lui et sa mère. il subit alors un grave accident de voiture. Son visage s’en trouve défiguré. Sa survie dépend d’une simple greffe de peau. On fait alors appel à ses camarades de classe, mais sans succès. Seul un jeun garçon noir, lui aussi délaissé par les enfants comme l’était Kuroko, se porte volontaire. De ce fait, son visage se trouve donc scindé en 2, avec un côté noir. Il hérite alors du joli surnom de « Blackjack ». Personne ne sait plus de choses sur lui, Tezuka laissant planer le mystère sur la suite de sa vie.Blackjack n’a pas d’amis, juste une amie : Pinoko. Celle-ci a aussi un destin bien étrange. Jusqu’à 18 ans, elle a vécu dans un bouillon de culture logé dans le flanc de sa sœur.

Bref, Pinoko possède tous les organes propres à la vie, mais sans enveloppe charnelle propre. C’est Blackjack qui lui en fournit un, synthétique, en la séparant de sa sœur. Elle aime son sauveur, mais a un problème : son corps est celui d’une fillette de 8 ans. très protectrice envers Blackjack, elle ne supporte pas de le savoir en voyage trop longtemps, de peur qu’il ne rencontre une jeune rivale à son amour.

Pourquoi Blackjack fait-il payer si cher ses interventions ? Tout simplement parce que bien qu’omnubilé par l’argent, c’est un donneur de leçons. Selon lui, la vie d’un proche ou la sienne n’a pas de prix. il faut souvent faire un sacrifice pour sauver ceux qu’on aime. Les leçons de morale distillées par Tezuka au fil des volumes sont donc clairs : ne croyez pas que tout est dû, surtout la vie.L’histoire qui me revient à l’esprit est la suivante : Prisonnier d’un coffre-fort qui ne s’ouvrira que dans 3 jours, avec de très riches financiers, Blackjack leur propose de les sortir de là avant que l’oxygène ne manque contre toute leur fortune, la vie n’ayant pas de prix. Paniqués à l’idée de rester ici, tous acceptent sans hésiter. Découvrant les fils de commande, Blackjack les sauve. Au moment de demander sa récompense, tous lui rient au nez, prétextant qu’ils n’étaient pas dans leur état normal. La morale de l’histoire ? Tout simplement, LEURS VIES NE VALENT RIEN, ni plus ni moins. Voilà les messages passés par Tezuka au fil des 28 volumes.

Chirurgien de l’impossible, Blackjack peut tout, cela donnant parfois des situations assez invraisemblables. Mais qu’importe, car seul le message est important. Car malheureusement, notre « héros » doit souvent faire face à des personnes sans foi ni loi, dotées d’argent mais pas de cœur, prêtes à se débarrasser de lui. De ce fait, Blackjack doit souvent jouer du scalpel, pour se sauver des méchants qui veulent s’emparer de notre belle, belle Terre ! (mais je m’égare !!)Osamu Tezuka nous a livré donc un personnage fort, dont les histoires, loin d’être lassantes, nous emmènent à une réflexion sur la nature humaine, et sur la valeur que chacun donne à celle-ci. 12 volumes ont été publiés par Glénat. Alors même si cet éditeur a décidé de ne pas publier la suite, jetez vous dessus. Je sais que beaucoup sont rebutés par le dessin vieillot, loin des œuvres récentes publiées depuis 1993 dans nos contrées. Mais force est de reconnaître qu’il possède un style fort et précis, mettant en valeur le récit. De plus, je vous recommande les 6 OAV disponibles chez AK Vidéo. Elles reflètent admirablement l’ambiance du manga, grâce au talentueux, que dis-je, au merveilleux talent du duo Sugino/Dezaki (Cobra, Rémi, Très cher frère). Je vous parlerai de ces OAV plus tard, si on me laisse une petite place !

;-)

(première publication de l’article le Lundi 12 Mars 2001)

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