Prometheus [TCHI TCHA ]

Disparu au début de l’année, Moebius n’aura pas vu ce prequel tant annoncé de la saga Alien, réalisé par celui qui l’avait engagé avec H.R Giger pour visualiser le design global du premier film à la fin des 70’s. Pas une ligne de générique ne viendra rendre hommage au maître de la SF, Ridley Scott se contentant de citer l’illustrateur allemand. Prometheus porte pourtant sa signature. Les décors, les costumes, les extra-terrestres et leur combinaison ont été désignés par le français et remis au goût du jour en tant que producteur et réalisateur par Ridley Scott himself, ravi de relancer la franchise bankable mise en sommeil depuis des années et en maîtriser la vision. Car il s’agit aussi d’une affaire d’ego : le réalisateur britannique un rien orgueilleux n’a jamais spécialement gouté aux suites de son premier film, plus marquées par l’orientation de James Cameron, réalisateur du second volet. Prometheus est donc une mise en abîme de cette course à la création et de son pouvoir divin que résume son pitch : des savants engagés à la découverte de nos origines se posent sur la planète Alien du premier volet, quelques années avant. Ils vont évidement déclencher de manière involontaire toute la suite de la saga…
Pour le coup, la nouvelle garde hollywoodienne parade : N. Rapace chargée de succéder à S.Weaver, M.Fassebinder ambigu à souhait, I.Elba à l’épaisseur d’un Samuel L. Jackson, Guy Pearce, Charlize Theron… Un trailer efficace, une B.O impeccable. Sur le papier pas de faute, mais sur la toile, une déception. Voire plus, une trahison.
Alien est un film qui a marqué son temps car il combinait l’horreur et la SF. Innovant, il résidait sur la mise en scène haletante d’un huit clos spatial étouffant, et exposait un monstre fascinant. Mystérieuse, incarnation du mal absolu, la bestiole se déplace dans des couloirs obscures et ruisselants, tapie dans l’ombre. Dénuée de toute pitié, elle est inhumaine par fonction mais pas par essence. Dans Prometheus, cet hybride parfait est le fruit d’une copulation entre un géant en 3D et un vulgaire calmar femelle, sorti comme par hasard du ventre de Noomi Rapace… Une provocation qui vient ponctuer une suite de poncifs scénaristiques et de coups de theâtres téléphonés (le comble) de déjà vus (un robot décapité parlant, le clin d’oeil pique les yeux), de personnages sans relief (à quoi sert Charlize Theron?) qui n’attirent aucune empathie, voire le rire. Le tout dans un décor plastique à mille lieux des artères étroites et sombres de la franchise, tout est sous exploité, flemmard. La première heure est regardable, la seconde nous plonge dans le grand guignol pathétique. Ridley Scott, dont le dernier bon film nous renvoie à American gangster, n’a jamais été un directeur d’acteur. Prometheus confirme la méforme, et anticipe malheureusement le Blade Runner 2 en production. Si les fans absolus de l’adaptation réussie de P.K.Dick peuvent cauchemarder, Moebius peut dormir en paix.

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