Classe des jeunes filles ingénues de l’école de la Banane

Ou… バナナ学園純情乙女組

C’est entre autre ce que j’ai pu découvrir hier soir pendant 25 minutes parmi d’autres troupes de théâtre dont les metteurs en scène ont tous pour caractéristique d’avoir la vingtaine.

Je ne parlerai ici que de cette troupe, c’est bien suffisant.

Je voulais vous mettre une vidéo mais je suis tellement nul en informatique que je ne sais pas vraiment comment on fait. Je vous laisse donc copier/coller le mot clef  バナナ学園 dans Youtube.

Impers distribués à tous les spectateurs avant le show. Prière de ranger ces affaires dans un sac plastique hermétiquement fermé sous son siège.

C’est parti.

La musique est à un niveau étrange qui nous fait reconnaître certains morceaux connus. Mise en place de divers accessoires parmi les spectateurs. Chorégraphie assez parfaitement accompli même si le mot d’ordre ici est évidemment « chaos total ». Impossible de réellement expliquer ce qui se passe sinon que les vidéos ne rendent évidemment pas justice à l’expérience du spectateur. On jette de l’eau, une sorte de pate rouge (du miso ?). On s’embrasse à bouche ouverte. Mais qu’est-ce que cette orgie organisée ? Une bacchanale ?

Le premier artiste qui me vient en tête est Costes,mais ici nous avons un groupe d’une trentaine de personne et évidemment ça change tout. Une fille se jette sur un spectateur devant moi et lui susurre des mots incompréhensible à l’oreille. A un autre est offert une sorte de hamster dans une cage.

Les chansons de pop japonaises les plus connues sont massacrées les unes après les autres. Il y a dans toute cette destruction quelque-chose de grand, quelque-chose de génial.

Les uniformes de lycéennes portés à la fois par les filles et les garçons (assez nombreux) volent et finissent ruisselant de sueurs sur le plateau, lui aussi immergé, ou sur les spectateurs.

Il y a quelque-chose d’éminemment libérateur dans cette façon de détruire la pop culture japonaise. Il y a aussi une façon d’être ensemble complètement survoltée, libérée de tout tabou.

Certes, de nombreux codes m’échappent peut-être comme les chansons inconnues rendues encore plus méconnaissables par le karaoke chanté par dessus à tue-tête. Et puis ça va très vite, pas trop le temps de lire un texte qui passe brièvement sur un panneau tendu.

Mais quand même, le coeur qui gonfle, gonfle, gonfle d’émotion à mesure que le show se poursuit, une catharsis, une libération par projection. J’ai moi aussi soudain envie de prendre quelqu’un dans mes bras, de le serrer fort, de lui dire que tout va bien se passer, que la vie est belle ! Mon coeur déborde d’amour pour l’humanité avec une énergie dont je ne me croyais pas capable. Parce que ce spectacle c’est des montagnes russes, c’est une décharge d’adrénaline que je pensais jusqu’alors impossible au théâtre. C’est une bombe qui t’éclate en plein visage.

3 minutes avant la fin du spectacle, coup de sifflet ! « Il faut ranger, nous ne sommes pas la dernière compagnie à passer ». De ma vie de spectateur je n’avais jamais vu un plateau aussi immonde, couvert d’eau, de jupes imbibées, de ramen ???, et en 3 minutes, avec évidemment un décompte impressionnant, plus une trace de quoi que ce soit.

Etait-ce un rêve, était-ce la réalité ? Une chose est sûr, il s’est passé quelque-chose ce soir qui restera dans ma mémoire.

Quelques raisons à mon emportement :

-Peut-être la fatigue, je ne dors pas beaucoup en ce moment, le soleil se lève tôt, la température est déjà estivale ! Ce qui fait que nerveusement…

-Le fait de ne pas comprendre tous les signes utilisés relatifs à la culture Akiba, même si la majorité me sont accessibles

-Le fait d’étudier le théâtre et d’avoir ainsi un point de vue complètement différent de l’otaku fan de manga à qui semble être destiné le show, alors que pour moi, il se classe dans la catégorie du théâtre post-dramatique ou de la performance.

Bref, le lendemain encore, aujourd’hui, je ressens les brûlures de cet éclat d’obus qu’est ce spectacle.

Aujourd’hui, quelques jours après la fin du spectacle je me demande s’il ne s’agit pas d’une secte étrange. 51 personnes sur scène, tout de même. Bon je vais essayer de programmer une interview de Mlle. Nikaido, la meneuse de revue, pour tirer tout ça au clair.

See ya !^^

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