EDGAR DETECTIVE CAMBRIOLEUR | Et les bijoux, les Renoir lui disent bonjour !

[ EDGAR DETECTIVE CAMBRIOLEUR – ルピン三世 ]

 

Ce qu’il y a d’amusant dans le manga et l’animation japonaise, c’est sa capacité de proposer des personnages complètement hors norme, dépourvus a priori de morale : bref, humains dans le sens plein du terme. Edgar fait partie de ceux-là. Edgar, c’est Lupin III, petit fils de l’immense Arsène et aussi voleur que son ancêtre. Si hors du Japon, son nom a été changé en Wolf, Edgar, Rupan, c’est tout simplement parce que les héritiers de Maurice Leblanc (créateur du gentleman cambrioleur) n’ont jamais voulu entendre parler de ce  » bâtard  » japonais. Mais cela ne change rien au caractère si marqué de ce voleur.

Edgar est un voleur d’envergure mondiale, toujours prêt à se saisir du tableau, du bijou objet de son désir. Mais comme beaucoup de voleurs de bande dessinée, cet homme ne s’occupe que des riches, pour la plupart gangrenés par l’argent (ouf, la morale est sauve). Mais alors qu’Arsène Lupin opérait seul, Edgar s’est entouré d’amis fidèles, farfelus et bien utiles, j’ai nommé Jigen et Goemon.

 

L’un est mafieux aussi barbu que louche, excellent dans l’élaboration de plans, indicateur hors-pair et roi de la gâchette. L’autre un samouraï tout droit sorti d’un film de Kurosawa, pourfendeur du crime et des coffres blindés. Ce trio totalement délirant agit en parfaite symbiose, confirmant l’adage  » tous pour un, un pour tous « .

Mais comme toute machine bien huilée, il suffit parfois d’un grain de sable pour gripper tout le rouage.Ce grain s’appelle Magalie. Très beau grain en l’occurrence mais cette demoiselle, voleuse elle aussi de son état, aime récolter à son seul profit le fruit du dur labeur des compères. Cela tourne alors à la catastrophe car 2 plans géniaux pour un même butin ne rapportent en général guère plus d’argent que la vente d’une compilation de Richard Cleydermann.
Dernière personnage et non des moindres : l’inspecteur LACOGNE. Il semble que l’expression  » s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer  » a été créée pour lui. Complètement obsédé par la capture d’Edgar, menottes à la main (mais comment fait-il pour en sortir parfois autant ?), il traverse le monde, à la recherche du fin voleur. Evidemment ses tentatives sont toujours vouées à l’échec, Edgar aimant se travestir ou employer les moyens les plus extravagants pour s’échapper.Lupin III est une création de Monkey Punch, célèbre mangaka.

 

L’idée du héros lui est venu de son éditeur qui désirait une série pleine de non-sens, d’érotisme lattant, tout cela bien sûr pour un public adulte. La série commence à la fin des années 60 et remporte tout de suite un succès foudroyant : un coup de foudre de plus de 30 ans naît ainsi. Il est en effet facile de comprendre les raisons de ce succès : Lupin est drôle, dragueur, (trop) sûr de lui, et sa bonhomie très communicative en fait un personnage attachant. Une série est rapidement mise en chantier en 1971, mais édulcore beaucoup le contexte érotique des histoires originales, horaire familial oblige.

Monkey et son poussin


En 1977, une 2è série voir le jour, et il s’agit de celle que nous connaissons.155 épisodes sont produits, mais seuls 52 nous sont parvenus, 52 étant le format d’alors pour les séries. Heureusement que l’adaptation française a su rendre tout l’humour et la folie de la série. Une dernière série a été lancée en 1984. Elle n’a été diffusée qu’en Italie sous le nom de  » Lupin l’incorrigibile  » et a été un tel succès que quasiment tous les films et téléfilms produits au Japon y ont été diffusés. La série de 1984 est d’ailleurs encore assez régulièrement diffusée sur Italia Uno. Petite anecdote en passant : le générique italien est celui qui a servi pour Olive & Tom en France !

 

On ne peut évidemment pas passer à côté des films qui nous sont parvenus en France : Nostradamus, édité dans les années 80 par Scherzo, et surtout le château de Cagliostro, 1er film réalisé par le GRAND Hayao Miyazaki, petit bijou, longtemps considéré au Japon comme le meilleur film animé de tous les temps (rien que ça). Et comme si cela ne suffisait pas, Lupin III fait l’objet tous les ans d’un téléfilm animé ( 13è en 2000), devenu un rendez-vous incontournable de l’été télévisuel. Là encore, nos amis transalpins sont privilégiés, car une bonne partie de ces téléfilms y ont été diffusés.
Lupin III est donc un incontournable de l’animation japonaise, malgré un design vieillissant qui pourrait rebuter certains. Mais cette série, rediffusée maintes fois sur Game One et Mangas, réussit à nouveau à séduire un jeune public, ravi de prendre part aux délires de Monkey Punch et de sa création.


Pour information, les musiques sont de Yûji Ôno, compositeur des musiques de Capitaine Flam, et le design de Kenji KODAMA, futur designer des séries de City Hunter.

Année de production : 1977

Studio d’animation : TMS

Auteur: Monkey Punch

Réalisateur : Kyôsuke MIKURIYA

Character design : Takeo KITAHARA & Kenji KODAMA

Musiques :Yûji ÔNO

Nombres d’épisodes : 155 ( 52 en France)

 

Duke Fleed

(publié la première fois sur 2nd-impact.com le 17/05/2001)

 

 

httpv://www.youtube.com/watch?v=D6NcGGIbF80

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