Galaxy Express 999, Super train de l’espace tu voles vers…


Bien que peu connue en France, cette série fait partie des grands classiques du dessin animé au Japon depuis sa sortie en 1978. Ce titre est tiré d’un mange éponyme de leiji MATSUMOTO, à qui l’on doit Albator ou Emeraldas. Tout comme ces œuvres, GE999 nous propose des personnages forts, inoubliables et pour tout dire attachants. Publié pour la première fois en 1977, le manga se compose de 18 volumes, mais MATSUMOTO a créé différentes suites depuis ces 20 dernières années. L’univers de ce manga est en général assez sombre, car les planètes explorées sont parfois pauvres, et souvent sous le signe du désespoir

L’histoire commence…

Loin dans le futur. L’Homme a colonisé l’espace. Afin de pouvoir supporter les longs voyages interstellaires, les hommes ont commencé à se fabriquer des corps artificiels. Cependant, ce confort, assurant du coup l’immortalité est devenu l’apanage des plus riches, créant un fossé, une fracture sociale, comme diraient certains… le monde s’est donc organisé autour de cette fracture, et les hommes faits de chair et de sang ne peuvent plus s’élever dans la hiérarchie. Des bidons-villes se sont créés autour des grandes et prospères mégalopoles. Teddy/Tetsuo vient de là…

Teddy est notre héros. Lui aussi cherche à obtenir un corps mécanique qui lui assurera la vie éternelle. En compagnie de sa mère, il tente d’atteindre le Galaxy Express 999, un train permettant d’attendre la planète où les corps sont échangés. Malheureusement, ils se font attaquer par le Duc, un homme-robot puissant, et dont le passe-temps favori est la chasse à l’homme. Et c’est au sacrifice de sa vie, que la mère de Teddy lui permet de s’enfuir. Perdu, affolé, il ne doit la vie sauve qu’à une belle inconnue aux longs cheveux blonds et longs : Marina/ Maetel. Cette magnifique créature propose à Teddy de prendre avec elle le 999, afin qu’il puisse réaliser son rêve et se venger du Duc. Ainsi commence un long voyage à travers les galaxies, et un apprentissage de la vie pour Teddy.

L’apprentissage de la vie

En effet, le centre d’intérêt principal de la série réside dans ce qu’on appelle la « leçon de choses ». Teddy va apprendre beaucoup lors de ses voyages. Lui qui vivait tranquillement avec sa mère se retrouve désormais confronté au monde extérieur, un monde qu’il ne comprend pas bien au début. Lui si candide ne comprend pas toujours pourquoi les gens peuvent être méchants ou tout simplement désespérés, notamment ceux qui ont déjà un corps artificiel…Autre façon d’apprendre la vie : être laissé seul face au danger. Teddy se fait souvent enlever par des êtres aux motivations diverses. Cependant Marina ne vient pas l’aider, alors qu’elle avait promis de veiller sur lui durant toute la traversée ! Pourquoi agir ainsi ? Tout simplement parce qu’elle souhaite le voir grandir ! Etonnant non ? Pas tant que ça en fait. L’adolescence est un cap difficile à passer : beaucoup de choses sont à apprendre, et il faut souvent faire des erreurs pour ne plus les reproduire. Ainsi naît un homme. Ainsi Teddy peut se faire sa propre opinion des choses, et ainsi former sa vision du monde, mais aussi et surtout s’ouvrir à l’autre. Evidemment, Marina n’est jamais loin pour l’aider si le danger devient trop grand.

L’esprit Matsumoto

Par bien des points, la série paraît un peu obsolète : le design est vieux, l’animation parfois saccadée suivant les épisodes. Mais la vraie force réside ailleurs : dans les scénarii, souvent « abracadabrantesques » (j’ai enfin réussi à le placer celui-là). On y voit des planètes où les gens sont en or, une autre où c’est la luminosité qui fait la beauté des personnes, une 3è enfin qui est comestible, et exploitée par de grandes compagnies jusqu’à devenir un gruyère ! Ces histoires sont en fait des amplificateurs d’idées. Destinée à la base aux enfants, il fallait bien qu’ils comprennent les messages qui leur étaient destinés : aller dans l’excès était donc le meilleur moyen pour provoquer la réflexion chez ces petites têtes brunes (ben oui, y’a pas de blonds au Japon…). C’est pour cela que les histoires peuvent nous paraître facilement sans intérêt au départ, mais la réflexion intervient très vite. Le voilà « l’esprit Matsumoto ».

Les différentes adaptations

Il existe 4 films sur le 999.
Galaxy Express 999 :

le premier de 1979 reprend l’histoire dans les grands traits, mais la condense en 2 heures. Le film bénéficie d’une grande qualité d’animation pour l’époque, et évidemment, c’est toujours le grand Rin Tarô qui assure la direction. L’intérêt de ce film est donc d’offrir m’intégralité de l’histoire, y compris la fin, pour les plus impatients.

Sayonara Galaxy Express 999:

Le deuxième film se situe des années après la fin de la série . Teddy est de nouveau sur Terre, et sa vie n’est pas rose tous les jours. Il reçoit cependant un message de la part de Marina, lui demandant de prendre à nouveau le 999. En effet, l’univers risque d’être mis sous le joug de la reine Promethium. Ce film est complètement inédit, mais moins bien réussi scénaristiquement. En effet les messages de tolérance et de recherche de l’identité adulte sont ici trop pesants, ce qui a tendance à rendre l’ensemble lourd. Heureusement le plaisir de retrouver tous les personnages de l’univers MATSUMOTO reste intact

Il existe aussi 2 autres films. Le 1er ne dure que 17 mn, et avait été diffusé lors d’un Toei Anime fair, où la Toei projette 3 courts métrages de ses séries TV à succès. Il s’agit là de la reprise de l’épisode avec la ravissante serveuse du GE 999, Cléa/Claire.
Le tout dernier film date de 1999 (évidemment) et marquait le retour des œuvres de Matsumoto. Ce dernier film n’a cependant pas eu le succès escompté. Comme quoi même les bonnes recettes ne marchent pas à tous les coups.

 

 

Titre original : Ginga tetsudô 999

Auteur : Leiji Matsumoto

Production : Toei Animation
Année : 1978-1981
Nombre d’épisodes : 113
Réalisateur : Rin Tarô
Character design : Kazuo Komatsubara
Arrivée en France : 1989/ La Cinq


Note : les noms choisis ici sont ceux choisis de la version française
(article publié pour la première fois le 1er septembre 2001 sur 2nd-impact)

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