La cité interdite, parmi ces mondes parallèles, existe celui des monstres…



D’après de nombreuses légendes japonaises, le monde des humains n’est qu’un monde parmi d’autres partageant le même espace. Parmi ces mondes parallèles, existe celui des monstres : les MAKAI.

Qui peut dire si nous vivons seuls ? Ne vaut-il pas mieux, parfois, échapper à la vérité, de peur qu’elle ne nous terrifie ? C’est en tout cas ce que semblent se dire, depuis des siècles, nos gouvernants. Depuis des siècles, des monstres se sont introduits dans notre dimension, apportant haine et terreur ( à votre avis, d’où viennent la St-Barthélémy, le massacre des Amérindiens, Hitler ?). Et tout cela reste loin de notre connaissance.Mais lassés par tant de cruauté stérile, des Hommes et des Makai finirent par trouver un terrain d’entente : Le Traité. Renouvelé à intervalle régulier, celui-ci est censé apporter aux 2 mondes paix et sécurité. Mais comme tout traité, il doit faire face aux attaques répétées de terroristes peu conscients de la signification du mot  » amitié « .Pour mettre fin à ce danger permanent, les  » gardes noires  » sont créés. Répartis entre les 2 Mondes, ils sont chargés de répondre à toute attaque, employant pour cela les moyens les plus sophistiqués, qu’ils soient logistiques ou spirituels. Parmi eux, un homme d’exception.
Renzaburo TAKI : Habitant Tôkyô, il plaît aussi bien à ses commanditaires qu’aux femmes. Si ses missions sortent souvent de l’ordinaire pour nous simples humains, celle qui l’attend est des plus surprenantes, puisqu’il est chargé de garder un vieillard, répondant au doux nom de Giuseppe Mayart. Cet homme d’un âge plus que raisonnable (plusieurs siècles selon certaines sources bien informées) est chargé de signer pour les Hommes le renouvellement du Traité. Sa vie est bien sûr mise en danger, et TAKI se doit de le protéger. Anecdote cocasse, Mayart est obsédé du sexe, ce qui lui jouera des tours d’ailleurs. Alors, vous allez me dire :  » C’est bien beau tout ça, mais on se croirait dans un Hollywood Night de mauvaise facture sur la 1è chaîne de télévision française !!  » Et à cela je rétorque :  » NON !, justement « 

Car si comme dans  » Hollywood Night « , une jeune et sémillante femme fait son entrée, son rôle au sein de cette OAV est loin d’être celui de la potiche niaise de service. Son nom : Maki. Cette femme sublime, musclée, intelligente, si adroite de ses mains avec un gros calibre doit bien avoir un défaut ! Eh bien oui ! Elle rend stérile tous ceux qui feront l’amour avec elle. Pourquoi donc ? Tout simplement parce qu’elle est une Makai (ne cherchez pas pourquoi, c’est comme ça). Mais comme le dit Mayart :  » le plaisir ressenti avec une femme du Monde obscur est si intense que cela vaut bien ce petit sacrifice, non ?  » Question de point de vue, naturellement. S’engage alors une lutte sans merci contre les terroristes, redoublant d’ingéniosité, de charme et de psychologie envers la nature humaine.

Car c’est bien là que réside le charme des personnages de KAWAJIRI. Bien que stéréotypés au premier abord, ceux-ci, face aux événements, révèlent l’étendue de leurs personnalités. Le cas le plus flagrant ici est celui de MAYART. Complètement obsédé par les rondeurs féminines, il n’en reste pas moins un excellent combattant, et un stratège hors-pair. Rappelez-vous de tortue Géniale, vous avez son sosie. TAKI, de même, sous un aspect froid et macho au départ, se prend d’amitié, puis d’amour pour sa partenaire, chose rarissime chez lui. Ces comportements, bien que vus déjà dans l’animation ne sont tout de même pas à comparer avec la psychologie d’un film de Steven Seagal, où toute pensée est irrémédiablement exclue.

Effectivement, loin d’être une simple OAV d’action, la Cité Interdite se complaît également dans la violence et le sexe à outrance. De nombreux moments sont l’occasion de viols à répétition, exécutés par des monstres aux tentaculaires phallus. Et finalement, est-ce bien raisonnable tout cela ? Car autant le dire tout de suite : si KAWAJIRI nous livre là une œuvre magnifique graphiquement et scénaristiquement (la fin va en surprendre plus d’un), les scènes de violence et de sexe semblent parfois répétitives ou du moins mal venues dans le déroulement de l’histoire, quoique… Doit-on édulcorer parfois une histoire, au risque de la faire devenir bancale ? Chacun est juge dans ce cas. Pour ma part, je pense qu’une dose de finesse n’aurait pas été de trop

Alors, que dire au final de cette OAV ? Comme d’habitude, la patte de KAWAJIRI se reconnaît au premier coup d’œil, notamment les codes-couleur élevés au rang de signature. Les amateurs d’êtres difformes, mi-hommes mi-bêtes seront ravis au plus haut point. Ceux qui ne jurent que par le duo  » violence & sexe «  en jouiront sur place. Les autres seront au choix intéressés, interloqués, ou dégoûtés.

En tout cas, cette œuvre est INTERDITE AUX MOINS DE 16 ANS, et cela se comprend aisément.

Studio d’animation: Mad House

Réalisateur: Yoshiaki KAWAJIRI

Character designer: Yoshiaki Kawajiri

Scénario: Sei NAGAMAKI

Musiques: Yoshimasa Tokai

Année de production : 1987

Durée : 80 mn

Duke Fleed

(publié pour la première fois le 25 avril 2001)

 

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