Nouvelles du Japon et pensées légèrement saoules…

La brise fraîche d’un après-midi de printemps porte mes pas. Les cerisiers sont les plus beaux quand ils déversent leurs pétales sur les passants.

La situation ne s’arrange pas vraiment, alors on rit. Pas mal de tremblements ces derniers temps auxquels on aimerait s’habituer. On savoure parce qu’on ne peut se passer de sa vie et de ce qu’elle a à nous offrir.

Qui suis-je ? Cette question en fera sûrement rire certains qui ne me connaissent pas bien. Nous définissons souvent ce que nous sommes par les choses que l’on aime. Enfin c’est ce qui me semble. Je me disais aussi après une petite année de vague à l’âme que les hommes ne m’intéressaient pas, que ce que j’appréciais chez eux c’est ce qu’ils constuisaient, créaient, faisaient avec le temps qu’on leur accorde.

Il me semble aujourd’hui que beaucoup de personnes, ne cherchent plus et ont abandonnées. Que la vie est si dure qu’ils choisissent, parfois très jeunes, une voie toute tracée, sans embûches et préfèrent renoncer à chercher le talent particulier qui sommeille sûrement au fond d’eux. Pourtant, leur vie est violente, je ne dis pas que certains ne s’amusent pas incroyablement, qu’ils sont faits pour faire du marketing ou autres cursus vendeurs. J’ai conscience de bénéficier avec la vie que j’ai choisie d’avantages indéniables. Le fait de pouvoir rester au Japon avec un visa pas trop chiant par exemple, même si je sais que cela ne pourra pas durer.

En écoutant une série d’émissions consacrés à Jean Genet sur France Culture, j’ai eu envie de regarder de plus près l’un des poèmes les plus connu du monsieur. Au début de ce poème luit un vers d’une beauté infini sur lequel le littérateur connaisseur s’empressera de placer la figure de style choisie.

Je vous le livre :

« La colonne d’azur qu’entortille le marbre »

Comment arrive-t-on à écrire cela ? Comment arrive-t-on à un tel degré de beauté surgissant d’une colonne de marbre reflétant vraisemblablement le ciel bleu ? Comment arrive-t-on à faire passer en si peu de mots l’émotion ressentie en une simple vision ?

Je vous laisse lire le reste du poème, pour mieux comprendre à quel point, la finesse gît de tout chez ce grand poète… même du sperme, une substance que je n’avais jamais vraiment considérée comme belle. Mais dont Ôta Shôgo parle aussi admirablement dans une pièce que j’ai eue l’honneur de pratiquer.

Il est vrai qu’il y a trahison de la chose concrète. « L’art est un mensonge qui dit la vérité. » comme le disait si bien Cocteau. Il y a transformation…

Cela me fait penser au pain dans les animés de ma petite enfance. Regardez-bien, dans les animés japonais, le pain n’a pas de croûte et aurait plus la texture d’une brioche. Quand les personnages le rompent, c’est très propre et, du moins pour l’enfant que j’étais, très appétissant. Peut-être parce que pour moi, ce n’était pas du pain, au goût fade dont l’enfant français n’apprécie guère que le quignon chaud au sortir de la boulangerie. Sûrement parce que ce pain avait pour moi la douceur d’une brioche… aujourd’hui je ne peux par contre plus me dire toutes ces choses, je sais que le pain japonais, s’il présente le même aspect que le français, n’a pas de croûte et est mou, ce qui ne l’empêche pas d’être parfois très bon.

Je m’aperçois que je m’égare complètement, que notre cher rédacteur en chef va être (encore !) en colère, mais j’ai tout de même réussi à placer une référence aux animés japonais, hé ho !

Je ne peux pas en dire beaucoup plus mais, hier, à la réunion de la troupe de théâtre Port B, sur laquelle on m’a déjà questionné (mais minute !), j’ai eu l’impression que les choses prenaient enfin forme. L’espoir est semble-t-il revenu après un Hanami un peu arrosé et le souvenir d’une phrase bien connue de KAIJII Motojiro : « Des corps sont enterrés sous les cerisiers ! »

Par extension, on peut se dire que partout où l’on marche, des corps sont enterrés. Une infinité de corps sans vie que nous foulons chaque jour comme dans les délires infernaux de Berserk. Yes ! Encore une référence à un animé.

Tout ça pour dire quoi, finalement… pas grand-chose !

Il n’est pas si tard mais je ne suis pas assez enivré pour continuer… et dire que je voulais parler du jeu le plus deleuzien qui soit, Baroque. Bon peut-être la semaine prochaine. Peut-être d’ici là l’aurez-vous essayé et me détesterez-vous !

Ah, une petit question finale quand même (histoire de faire gonfler les commentaires, non en fait c’est très sérieux) :

A votre avis, comment communiquer avec les morts ? (N’essayez même pas, le mot spiritisme est interdit !)

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