[ ROOKIES ] MOI, J’VAIS T’BATTE ! (de base-ball)

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MOI, J’VAIS T’BATTE ! (de base-ball)

Les lecteurs japonais de manga adorent les  » bad boys « , ces garçons en marge d’un système éducatif rigide et archaïque. Mais ce qu’ils préfèrent par dessus tout, c’est la repentance, cet état qui permet le retour  » à la normale  » dans la société. Et parmi un nombre assez conséquent de titres, on trouve une sorte d’OVNI, empli de bons sentiments, de rêve et d’espoir. Masanori MORITA est un spécialiste des  » bad boys « , grâce à un manga devenu un classique au Japon, à savoir Rokudenashi Blues, l’histoire justement de lycéens rebelles, bagarreurs et grande gueule. Après le succès de ce manga, Masanori a préféré porter un regard opposé à ce qu’il faisait avant, c’est à dire : les profs ! Ou plutôt un prof, doux rêveur, et certain de pouvoir déplacer des montagnes avec de la volonté et une sacrée dose de culot.

Plantons le décor. Un lycée japonais : ses élèves, ses jupes courtes, ses clubs de sport. Parmi eux, celui de base-ball traîne un passé sulfureux. L’année dernière, au cours d’un match, une bagarre généralisée a éclaté, faisant perdre tout crédit à l’équipe. Depuis, seule une bande de mauvais garçons squatte le local, s’adonnant à l’alcool, à la cigarette, et parfois au sexe. le chef de cette faune se nomme SHINJÔ, une force de la nature, frappant avant de parler, craint dans tout le lycée. Il est accompagné par ANIYA, le seul certainement à apprécier véritablement le base ball, mais un douloureux passé lui a fait détester (du moins pour un temps) cette activité. N’oublions pas WAKANA, un garçon totalement désillusionné au départ, mais remis sur les rails de l’espoir par un jeune professeur empli de rêves !

Et voilà donc notre héros : Koichi KAWATO, 24 ans, jeune professeur qui vient passer sa première année au lycée Futago-Tamagawa. Celui-ci a été engagé par le proviseur pour redresser les membres du club de base-ball, et ainsi faire cesser la réputation déplorable qui en découle. Dès lors, notre vaillante recrue se met en tête de rendre le rêve à ces garçons. Mais cela s’avère très difficile. KAWATO est en tout cas empli de bonne volonté, voire de naïveté, face à ces brutes en puissance, qui restent plus dans les salles de pachinko (jeux de hasard avec des billes, très répandu au Japon) que dans celles de classe. Comment faire alors ? Tout simplement en étant enthousiaste, mais alors, TRES enthousiaste. En effet, la bonne humeur communicative de KAWATO, sa pugnacité finit peu à peu par porter ses fruits.

Enfin, pas chez tout le monde. Le premier à être séduit par l’idée d’une remise en état du club est WAKANA. Ce garçon n’a jamais été méchant, mais déconnecté du système éducatif et de ses rêves.

KAWATO devient alors son seul soutien et celui qui lui fera prendre conscience que le destin peut être changé si on en a la volonté. A partir de là, tout s’enchaîne, et à force d’acharnement, de persuasion le rêve devient réalité : le club de base-ball revit. Mais cela ne se fait pas sans mal, car quelques récalcitrants, dont le chef SHINJÔ voit son influence sur sa bande s’amoindrir, ce qui le fera quitter définitivement le club, et commettre des actes fortement répréhensibles. Une seule chose par contre vient interrompre ce joli manège : le proviseur. Lui qui a engagé KAWATO n’est pas très enthousiaste face aux changements spectaculaires du club de base ball. Pourquoi ? Eh bien il faudra lire le manga pour le savoir.

Masanori MORITA nous fournit là un manga empli d’espoir et de rédemption. Cependant cette accumulation de bons sentiments finissent parfois par paraître pesants, car irréels à long terme. KAWATO semble toujours avoir la foi, une sorte de béatitude qui frise l’écœurement. On se rapproche, dans l’esprit, de certains films américains comme le Proviseur ou Esprits rebelles, ou un seul être arrive à bouleverser l’ambiance d’un lycée. Par contre ceux qui apprécient, ou veulent découvrir ce sport incompréhensible qu’est le base-ball, seront heureux d’avoir quelques leçons dispensées par l’auteur himself.

Rooky : Terme anglais désignant le novice, ou la nouvelle recrue dans une équipe de sport. Ici, c’est KAWATO qui est désigné par ce titre. Pachinko : jeu de hasard japonais. Assis devant une machine verticale, il s’agit de faire descendre des billes de plomb par le haut afin de les faire tomber dans des trous allant de 0 à 500 points. Au final, le nombre de points obtenus permet de gagner des lots aussi divers que bas de gamme. (cf. 1er volume de Yu Yu Hakusho)

Club de sport: Pourquoi les mauvais garçons font partie d’un club de sport alors qu’ils s’en moquent éperdument ? Tout simplement parce que cela est obligatoire au Japon. Chaque élève doit donc choisir en début d’année une activité. Chaque club est géré indépendamment par les élèves et dispose de son propre budget.

 

Duke Fleed (publié la première fois le 2.06.2001)

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