Vous voulez un macho, un homme un vrai ? COBRA.

Vous voulez un macho, un homme un vrai ? Vous le voulez beau, frondeur, grand parleur et surtout invincible ? Alors vous êtes bien tombés…


Cobra est né de l’imagination débordante de Buichi TERASAWA en 1977. Fasciné par la science-fiction, et les œuvres de Leiji MATSUMOTO (Albator), il décide de créer une œuvre enlevée, préférant les délires spatiaux aux questions métaphysiques à la « 2001 l’odyssée de l’espace ». Il invente Cobra en se référant à son idole cinématographique du moment : Jean-Paul Belmondo ! Eh oui, notre Bébel national cartonnait alors avec des films comme « le Guignolo ». Cobra va donc hériter des traits de l’acteur, et de son côté très désinvolte face aux situations les plus inextricables. Devant le succès du manga, la TMS (Tôkyô Movie Shinsha) décide de mettre en chantier un film en 1982, afin de tester le potentiel du personnage. L’essai fut concluant, et en octobre 1982, Cobra voit le jour à la télévision, pour 31 épisodes. La réalisation et le design sont confiés au mythique duo Osamu Dezaki/ Akio Sugino (Rémi, Lady Oscar, Très cher frère…)Mais qui est cet homme « venu de nulle part » ? Cobra est un voleur. Oh, pas un voleur de sacs à l’arrachée, mais un voleur quand même. Personne ne sait véritablement qui il est, ni d’où il vient. Personne ne sait même son âge. Cependant, il ne vole qu’à une organisation : « les pirates de l’espace ». Spécialisée dans l’argent sale, elle tente de dominer l’univers par ses casinos, ses drogues, sa corruption. Cobra prendra donc un malin plaisir à les voler sans vergogne.

Mais cela n’a qu’un temps. Cobra, lassé par ses agissements, et se sentant surtout en danger, décide de se mettre au vert. Il se fait effacer la mémoire, recourt à la chirurgie esthétique, et se planque sur la Terre, dans un travail de bureau. Tout bascule le jour où son nouveau « lui » se décide à aller dans un centre de rêves (Total Recall n’est pas loin), afin de vivre des aventures passionnantes dans le corps de son héros, Cobra ( !). Se prenant au jeu une fois réveillé, il part au Casino, se faisant passer pour ce fameux pirate. Mais ce casino est aux mains des Pirates de l’Espace. C’est seulement lorsque des hommes de main, excédés par le bonhomme, décident de le corriger, que l’incroyable se produit : dans un cri de désespoir, le bras gauche du pauvre malheureux révèle une arme unique : le rayon delta !

Mais c’est quoi le rayon delta ? Tout simplement une arme greffée sur un bras, et qui utilise le pouvoir psychique de la personne greffée. Affolé, « lui » se rue chez dans son appartement, poursuivi par les hommes des Pirates de l’Espace. C’est là qu’il retrouve sa fidèle Armanoïde, une femme-robot aux atouts bondissants et à la force herculéenne, et par là même la mémoire. C’est reparti pour de nouvelles aventures. Sur 31 épisodes, plusieurs parties se succèdent. On peut en compter 3 : « le trésor du capitaine Nelson », « le Rugball » et « Salamandar ».

Nelson : Cobra va faire connaissance avec 3 magnifiques créatures, filles du Capitaine Nelson, pirate renommé et détenteur de fabuleuses richesses. Avant sa mort, il fait tatouer sur le dos de ses filles une partie du plan permettant de le retrouver. Cobra, aussi intéressé par le trésor que par les filles, va alors tenter de les retrouver une à une, avant les Pirates de l’Espace. Une folle course de vitesse s’engage donc afin de trouver au plus vite le trésor. Cette partie est la plus riche en rebondissements, car l’espace est traversé de part en part, à la recherche d’un trésor, dont personne ne connaît exactement la contenance. On y découvre de jeunes filles qui, loin d’être stupides, savent prendre leur destin en main. Pour la fin, je vous laisse découvrir, vous serez surpris.

Rugball : la partie préférée de tous ceux qui ont vu la série, ou du moins la partie la plus impressionnante de la série. Cobra est chargé par Dominique, une des filles de Nelson et policière de surcroît, d’infiltrer la Ligue de Rugball, située sur une planète neutre, suspectée d’organiser le trafic de drogue pour le compte de Pirates de l’Espace (encore eux). Cobra va y faire la connaissance de brutes épaisses, de « gueules » à faire fuir ma grand-mère, de colosses aux principes…L’action dans cette partie est non-stop. Les cènes de matchs sont haletantes, parfois brutales, mais vraiment passionnantes. Bref, un moment-culte dans l’histoire de l’animation japonaise.

Salamandar : Il est LE chef suprême des Pirates de l’Espace. Cobra veut sa mort, depuis que celui-ci a tué ses amis. Un Cobra plus sombre, moins joueur apparaît alors. La fin de la série se termine donc en apothéose. Sur 4 épisodes, Cobra se révèle franchement brutal, meurtrier même, dès qu’on touche à ses proches. Un personnage comme on les aime, car tellement humain…L’univers de Cobra est un subtil mélange de SF et de western. TERASAWA s’est grandement inspiré des films spaghettis dont il s’est abreuvé durant des années. Ainsi il n’est pas rare de trouver des villes fondées sur le style far-west, avec ses cow-boys, ses saloons, et ses duels. Autre atout : les filles ! Elles sont belles, peu vêtues, mais loin de servir de potiches, elles sont toujours d’une grande aide pour notre héros. Bref, c’est du vrai shônen manga, dans toute sa splendeur : alcool, flingues et p’tites pépés !

Malheureusement pour nous, la totalité du manga n’a pas pu être adaptée en dessin animé. La raison principale est le caractère du personnage, trop profond pour l’époque, sans compter les coûts de production bien supérieurs aux autres séries. TERASAWA lui-même avoue qu’il était en avance sur son temps. La preuve ? La série et le manga n’ont jamais été aussi à la mode que maintenant au Japon, et de nombreuses séries s’inspirent de son univers (Cowboy Bebop en est le parfait exemple).

Et oh miracle de la science, Manga Distribution propose les DVD de cette superbe série dès le mois de juin*. Et franchement, passer à côté de ce blondinet et de son énorme…. rayon serait une vraie faute de goût ! Alors profitez-en, si vous ne connaissez Cobra que de nom, découvrez-le enfin en intégralité.

Auteur : Buichi TERASAWA année de production : 1982 producteur : TMS réalisation : Osamu Dezaki/ Toshio Takeuchi character design : Akio Sugino musiques : Kentarô Haneda
1è diffusion en France : 1985 sur Canal+

(première publication de l’article de Dimanche 29 avril 2001)

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